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Revenir à l'acceuilSpace Hulk2570 visites.
EDITEUR
Electronic Arts
ANNEE DE SORTIE
1993
TYPE
Stratégie
MACHINE
PC Keskecé ?
JOUEURS
GRAPHISMES ET ANIMATION
MUSIQUE ET BRUITAGES
INTERET ET JOUABILITE
NOTE GLOBALE
SUPPORT




Space Hulk(*) est l'adaptation en jeu vidéo par Electronic Arts d'un jeu de plateau édité par Games Workshop en 1989, s'inscrivant lui-même dans l'univers du jeu de guerre avec figurines Warhammer 40,000.



Les jeux de guerre WH40K et Warhammer n'ont jamais été adaptés directement en jeux vidéo, peut-être par crainte de Games Workshop de voir s'effondrer son business... Ces deux jeux se jouent sur une grande table et voient s'opposer deux grandes armées choisies parmi plusieurs "races", et constituées de figurines regroupées en escouades. A chaque tour, les joueurs déplacent et/ou font tirer leurs troupes unité par unité (et non figurine par figurine), jusqu'au corps-à-corps souvent fatal. Le jeu se déroule ainsi en 3 à 5 tours, il n'y a ni points d'action, ni cases pour se déplacer. A partir de ces deux jeux de guerre phares, Games Workshop a donc créé deux jeux de plateau dérivés : Space Hulk et Warhammer Quest (eux-mêmes réédités en version grand public par MB : Space Crusade et Hero Quest). On joue cette fois sur des plateaux composés de cases, à une échelle beaucoup plus restreinte en termes de nombre de figurines impliquées, et ces jeux s'apparentent davantage à des tacticals, quand Warhammer et WH40K sont plutôt comparables à des RTS, la gestion en moins.

(*) Games Workshop, Space Marine, Genestealer, Deathwing, Space Hulk, Warhammer sont des marques déposées de Games Workshop Ltd.

GALERIE
>Cliquez sur les images pour les agrandir !








Ainsi, le jeu de plateau Space Hulk n'oppose pas deux armées. L'action se déroule dans un vaisseau abandonné à la dérive dans l'espace. Un joueur est responsable d'une ou deux escouades de Space Marines qui doivent effectuer une mission suicide à l'aide d'un équipement spécifique. Ils disposent notamment d'armes à feu et de lance-flammes. Les Genestealers, des aliens belliqueux qui se servent du vaisseau comme d'une météorite pour conquérir d'autres planètes, sont contrôlés par un second joueur. Contrairement au jeu de guerre dont il est dérivé, Space Hulk ne propose donc pas une expérience similaire pour les deux joueurs : les Genestealers sont par exemple en nombre illimité et n'ont pour seul but que d'empêcher les Marines de réussir leur mission ; ils ne peuvent attaquer qu'au corps-à-corps, mais sont d'une rapidité hors normes.



Le jeu de plateau comporte en outre tous les éléments classiques du tactical à l'occidentale : on dispose de points d'action à chaque tour, les lignes de vue sont coupées par le décor, les unités peuvent être placées en état d'alerte, ce qui permet des interruptions pendant le tour adverse, etc. Bref, on imagine très bien quel tactical pourrait en être adapté, mais le jeu vidéo de Nick Wilson a choisi une voie légèrement différente.




Du jeu de plateau au jeu vidéo


Le développement du jeu vidéo a débuté en 1991, et la sortie a eu lieu en 1993 sur Amiga et PC. Il adapte assez fidèlement le jeu de plateau, y incluant l'extension Deathwing de 1990, mettant en scène les Terminators de la Deathwing dans la peau des Space Marines, et incorporant un certain nombre de nouvelles armes. En revanche, l'extension Genestealers, ajoutant les pouvoirs psy et les hybrides, n'est pas incluse. Mais le jeu présente deux différences majeures avec son modèle :
  • Le jeu vidéo est destiné à un seul joueur ; ainsi on contrôle nécessairement les Terminators tandis que la machine se charge des Genestealers ;
  • Le jeu ne se déroule pas tout à fait comme un tactical à la UFO, mais en temps réel avec des éléments de tour par tour.



Il faut ici préciser que, dans le jeu de plateau original, une règle impose au joueur Marines de jouer son tour en temps limité, à l'aide d'un chronomètre. Cela rend le camp des Marines extrêmement stressant à endosser. Dans le jeu vidéo, on contrôle les Terminators en vue subjective à l'aide d'un panneau de contrôle pour se déplacer et tirer, à la Dungeon Master. Et on peut changer de soldat à tout moment, ce qui n'est pas possible dans le jeu de plateau.

De plus, le joueur a la possibilité de mettre le jeu en pause afin de préprogrammer les déplacements de ses hommes sur une carte, sur une vue plus proche du jeu de plateau d'origine. On a alors accès à davantage d'options. Il n'y a toutefois pas de points d'action ; le joueur peut préparer autant de mouvements qu'il le souhaite. Une fois en temps réel, les Genestealers se déplaceront simultanément aux actions programmées des Marines. Cette possibilité ne rend pas le jeu moins stressant : quand on met en pause, une jauge se vide, lentement mais sûrement, et l'action repasse en temps réel au bout d'une minute ! Il faut alors patienter deux minutes pour que la jauge se remplisse de nouveau... Le joueur est ainsi placé dans une situation d'urgence permanente.








51 occasions de mourir pour l'Empereur


Les missions se déroulant bien plus rapidement dans le jeu vidéo que dans le jeu de plateau, Electronic Arts a eu la générosité d'inclure un grand nombre de missions. Le menu principal propose 3 choix : Mission Training, Space Hulk et Deathwing. Le premier choix donne accès à un tutoriel basique composé de 5 missions conçues pour familiariser le joueur avec les déplacements et les actions les plus simples. Hélas, à l'époque, les tutoriels manquaient d'interactivité et d'informations contextuelles, si bien qu'il est préférable de disposer du manuel du jeu pour connaître tous les contrôles ainsi que les stratégies de base... Le tutoriel avancé propose quant à lui 9 missions d'entraînement plus sophistiquées. Le mode "Space Hulk" offre pas moins de 16 missions, regroupées en 3 catégories : les 6 missions du jeu de plateau original, auxquelles s'ajoutent 6 missions pour une seule escouade de Marines ainsi que 4 missions nécessitant deux escouades. Enfin, "Deathwhing" est un mode campagne constitué de 21 missions successives et scénarisées.








Quelle que soit la mission choisie, on doit passer par une phase de briefing durant laquelle le sergent, carte à l'appui, nous présente nos objectifs et ce, entièrement en voix digitalisées ! De manière générale, le jeu est riche en voix et en sons d'ambiance (en lieu et place de musique en cours de mission), et cela contribue énormément à l'atmosphère suffocante du jeu, bien plus que les graphismes exploitant un moteur 3D basique à mi-chemin entre la bidouille des jeux de donjon et les premiers FPS. Mais au final, la rigidité du gameplay ne fait que rendre le jeu plus stressant...



La belle mort


L'un des aspects séduisants de cette adaptation en jeu vidéo est le fait que le joueur visualise en simultané ce que voient chacun de ses hommes, du moins ceux d'une même escouade. L'écran du bas montre la vue du Marine que contrôle actuellement le joueur. Et c'est cette idée géniale qui confère le surplus d'atmosphère au jeu, la cerise sur le gâteau de la SF horrifique...



Imaginez que vous avez positionné vos Marines en cercle, prêts à se défendre, dans une salle donnant sur plusieurs couloirs. Vous prenez le contrôle du sergent de l'escouade et faites feu sur quelques Genestealers qui pointent le bout de leurs quatre bras au fond du couloir. Pendant ce temps, pour vos collègues, ça a l'air plutôt calme... Jusqu'à ce qu'un alien fasse son apparition dans un couloir. Le Marine situé en face, en état d'alerte, se met à lui tirer dessus avec son Canon d'Assaut. Et là, pas de bol, l'arme s'enraye.






Le Genestealer s'approche par à-coups brutaux (à cause du moteur 3D !) jusqu'à fondre sur le pauvre Marine en train de décoincer son arme et lui lacère le visage ; l'écran se brouille d'un coup, ne montrant plus que de la neige électronique... Avant même que vous ne réalisiez que le Genestealer a ainsi percé le cercle et se trouve dans votre dos et celui de vos alliés, les petits moniteurs en haut de l'écran de jeu se brouillent les uns après les autres, jusqu'au vôtre. "All Terminators - are - dead" résonne d'un ton implacable...



Si cela vous rappelle une séquence géniale au début d'Aliens, de James Cameron, vous êtes perspicace. Space Hulk, en 1993, proposait déjà, avec un moteur 3D pourtant très artisanal, l'un des game over les plus saisissants et paradoxalement jouissifs de l'histoire du jeu vidéo. Hélas, comme le concept de progrès est aussi étranger à l'art qu'au jeu vidéo, le remake de ce jeu, Space Hulk: Vengeance of the Blood Angels, publié par Eidos en 1995 sur PC, PlayStation, Saturn et 3DO, a laissé tomber l'idée... Pourquoi ? Parce que le progrès technique permettait alors de proposer un moteur 3D digne de Doom 2, mais, ce moteur ne pouvant sûrement pas gérer 5 fenêtres simultanées sur le même écran, on se retrouvait cantonné à n'épouser le regard que d'un seul Marine... (Plus précisément, on ne contrôle vraiment qu'un seul Terminator en début de partie, mais après plusieurs missions, le joueur gagne en expérience et peut ainsi donner des ordres aux autres unités.)



Et l'ironie ne s'arrête pas là : alors que Games Workshop a retiré son jeu de plateau de la vente depuis pas mal d'années, un nouveau jeu vidéo est sorti en 2005, sous l'égide de THQ, qui a récupéré les droits de Warhammer 40,000. Et celui-ci permet carrément de jouer au jeu de plateau d'origine, de contrôler aussi bien le camp des Marines que celui des Genestealers, mais aussi d'opter pour un mode FPS ! Et ce jeu très complet est sorti... sur téléphone mobile.


CONCLUSION

Rejouer à Space Hulk n'est pas chose aisée. Outre le fait que le jeu nécessite de nos jours DOSBox pour fonctionner, le joueur se retrouve face à un jeu certes à l'ambiance prenante, qui reste bluffant dans sa version PC avec ses 256 couleurs et ses voix digitalisées d'excellente qualité pour l'époque, mais qui demeure extrêmement difficile et rigide de prise en main. Les amoureux de la stratégie préfèreront se tourner vers les sites d'enchères en ligne pour mettre la main sur le regretté jeu de plateau. Les autres s'amuseront quand même avec ce Space Hulk, ne serait-ce que pour le plaisir... de mourir.


Retour vers l'acceuil de GamePatriadeepRed Membre de l'Association MO5.COM (C) 2008, MO5.COM / GamePatria.com

Commentaires sur cette fiche : 2 Afficher tous les commentaires Ajouter un commentaire ?
Philippe DuboisFiouu pour un premier test, c'est excellent ! Merci Deepred ! ce jeu a l'ai...-> Lire la suite
TMEFélicitations pour ce test, je le trouve très soigné !

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