En 1989, je me souviens avoir attendu avec excitation l'arrivée en France de Space Manbow grâce à l'importation. A l'époque, le standard MSX est officiellement mort dans notre beau pays du coup, Konami oublie de nous proposer son dernier shoot'em up. Au sommet de leur art, la boîte nippone propose une magnifique production ! Quant à moi, j'étais en pleine puberté et en recherche d’exutoire...
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Après une attente longue et laborieuse, c'est en fin d'année 1989 que je me souviens m'être procuré Space Manbow. L'ultime shoot'em up du standard MSX n'étant pas disponible en France, il aura fallu négocier avec un grand magasin parisien spécialisé dans le MSX afin qu'il importe du Japon quelques exemplaires du jeu. Une fois celui-ci en ma possession, je suis resté en admiration devant la magnifique boîte renfermant une cartouche de 2 Mega Bytes de mémoire soit 256 Ko ce qui peut paraître incroyable pour l'époque. Les présentations passées, on ne peut qu'introduire fébrilement la Mega ROM dans sa machine. A peine le jeu démarré, on se laisse envahir par la présentation digne d'un film de science-fiction. Compatible SCC, l'ambiance sonore est merveilleuse, un tel point qu'on prend plaisir à l'écouter en toute circonstance. Quant à l'histoire, il n'y a rien de nouveau ! En effet, vous êtes promu au rang de sauveur du monde qui avec son vaisseau spatial va aller botter les fesses des vilains méchants. Fou de rage, vous partez à leur poursuite car devant vos yeux, votre unité vient de se faire exterminer.
Dès le départ, le jeu vous prend aux tripes avec son action immédiate. Les premières vagues d'ennemis vous assaillent sans que vous n'ayez été véritablement mis en condition. Contrairement à Gradius, on ne trouve pas ce système de bonus permettant le choix des armes. Dans Space Manbow, l'accès à l'armement se fait en fonction de ce que vous ramassez. Le tir rectiligne ou tri-directionnel sont les deux armes de bases ayant la même puissance avec 16 degrés d'amélioration dont la visualisation se fait sur la jauge en haut de l'écran. On remarque également qu'il est possible de diriger le tir de ses deux modules latéraux en appuyant sur le bouton “B” ce qui est d’ailleurs indispensable dans certains passages. Avec horreur, on constate la disparition du bouclier habituellement présent dans un shoot'em up horizontal signé Konami. Heureusement, les bonus sont très fréquents néanmoins, vous perdez de temps en temps un degré de puissance si votre collecte d'options salvatrices est interrompue.
Techniquement, Space Manbow est un bijou car d'un point graphique, c'est de la haute voltige avec des sprites énormes et des couleurs par milliers. Tout est agencé avec beaucoup de détails et de finesse que ce soit la grande variété d'ennemis, les boss très réussis ou encore les planètes que l'on nettoie avec frénésie de toute présence belliqueuse. Le scrolling passe par toutes les directions y compris à reculons rendant certains passages du jeu très impressionnants. De plus, la fluidité est au rendez-vous énervant de nouveau les détracteurs du standard MSX. Face aux performantes machines comme l'Atari ST et l'Amiga, le MSX2 n'a absolument pas à rougir en offrant une production à mi-chemin entre 8 et 16 bits. Pour enfoncer le clou, la musique exploite parfaitement la puce SCC permettant de soutenir l'action à merveille. Amateur de musiques stressantes, ce jeu est fait pour vous ! Le thème “Battle Ship” du 1e niveau et “Zone 5150” du 5e niveau sont inoubliables. De plus, les bruitages s'inspirent très largement de Gradius ce qui ne peut être qu'un bon point. Après 5 minutes, on ne peut avoir aucun doute... Konami a été l'un des plus grands.
C'est à travers 8 niveaux différents, tous plus réussis les uns que les autres, que vous allez voyager à travers ce système solaire original. La difficulté est progressive néanmoins, il faudra s'accrocher notamment pour le 6e stage. Pour finir Space Manbow, il vous faudra de la persévérance, mais un excellent “Happy End” vous attendant avec une superbe musique nommée “Memoire”. Au 4e niveau, un clin d'oeil à Gradius et R-type fera plaisir aux fans de shoot'em up. Bref, la difficulté est bien dosée ce qui permettra à tous d'en venir à bout. Finalement, le jeu est tellement parfait et innovant qu'il inspire, quelques années après, de nouveau Konami pour Thunder Cross 2 reprenant plusieurs idées et situations. On pourrait chipoter en regrettant l'absence de séquences animées à la manière d'Aleste 2, un autre grand shoot'em up, produit par Compile. Mais, ne poussons pas mémé dans les orties.
CONCLUSION
Après 18 ans, Space Manbow n'a pas pris une ride à tel point qu'on prend beaucoup de plaisir à y rejouer ou tout simple à le découvrir. Avec de telles productions, Konami a su faire de moi un adolescent peut-être un peu vindicatif et acharné, mais adepte des vraies valeurs et je ne suis pas le seul ! Encore une fois, un bon vieux micro-ordinateur 8 bits nous prouve que plus de 20 ans après, il peut encore nous donner beaucoup de plaisir. Ayant vu le jour uniquement au pays du soleil levant, Space Manbow a une notice en Japonais rendant l'histoire du jeu peu compréhensible. Une traduction en Anglais du “manga” contenu dans les premières pages a été réalisée par quelques fans. Vous la trouverez sur l'excellent site de BiFi. Pour acquérir ce bijou, il vous faudra rassembler deux conditions : la patience et l'argent. En effet, le jeu est peu courant et il dépasse assez souvent les 20,000 Yens sur un célèbre site Japonais dédié aux enchères.